Publié le 23/06/2026

Un article issue de la revue n°58 “Du local au global, acteurs et enjeux de l’ESS”
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ESS & ODD
Le pouvoir transformateur de l’ESS peut aisément être mis en parallèle avec celui des Objectifs de développement durable. Ils partagent en effet des principes fondamentaux et promeuvent des valeurs communes : la solidarité, la justice, la coopération, la démocratie, la souveraineté alimentaire, le respect de la diversité culturelle, religieuse et raciale, la lutte contre le réchauffement climatique, etc.
L’ESS a été officiellement reconnue à l’échelle mondiale en avril 2023, avec l’adoption de la résolution de la 66ème assemblée générale des Nations Unies. Facteur important pour la réalisation des objectifs de développement durable par l’innovation sociale, promue par l’ONU, l’ESS s’intègre progressivement dans les politiques publiques nationales, régionales et locales, y compris dans la législation.
En Europe, au-delà des cadres législatifs propres à chaque État membre, on considère que l’ESS regroupe les organisations partageant les principes suivants :
À l’image de l’ESS en France, cela concerne principalement quatre types d’entités privées : coopératives, mutuelles, associations et fondations, mais aussi les « entreprises sociales » à forme commerciale, dont les statuts juridiques varient selon les pays.
En France, l’ESS bénéficie d’une loi depuis 2014 (loi Hamon), qui inscrit dans un cadre législatif l’ensemble de ces principes et statuts et contribue ainsi à sa reconnaissance.
Tous les secteurs sont représentés dans l’ESS : action sociale, formation, finances, arts et spectacles, sports et loisirs, commerces, soutien aux entreprises, etc. Elle est sur notre chemin tout au long de notre quotidien, que l’on réside en ville ou à la campagne !
En Centre-Val de Loire, les associations représentent 96% des structures de l’ESS et la majorité des associations créées ces trois dernières années se concentrent dans 3 secteurs : les associations culturelles (22,3 %), les associations sportives (19,7 %), les associations de loisirs (14,1 %) (Sources : ORVA LMA CVL)
En matière d’emploi, l’ESS représente plus d’1 salarié sur 10, tout statut ESS confondu (association, coopérative, mutuelle, fondation…). Les secteurs de l’action sociale, des activités financières et assurance et de l’enseignement/formation concentrent 2/3 d’entre eux.

Son rôle
Les CRESS (Chambres Régionales de l’Économie Sociale et Solidaire) sont les instances représentatives de l’ESS à l’échelle régionale. Elles ont pour mission de représenter les familles de l’ESS (associations, coopératives, mutuelles et fondations…) auprès des pouvoirs publics, notamment le Conseil régional et l’État. Elles assurent également une mission légale d’observation économique du champ et produisent des données territoriales sur l’emploi et les structures de l’ESS. Enfin, elles accompagnent le développement des organisations membres et animent la promotion du modèle ESS sur leur territoire.

Ses défis
La CRESS CVL a inscrit dans son plan stratégique 2020-2025 deux défis principaux : celui de l’égalité et celui de la transition écologique et numérique. Ces deux axes transversaux orientent l’ensemble de ses actions et recoupent plusieurs ODD.
Concrètement, cela se traduit par des travaux, études et enquêtes menant à des publications (plaidoyer pour une Economie Sociale et Solidaire engagée dans la transition écologique (2023), amplifier la mise en œuvre de la transition écologique, sociale et solidaire en Région, diagnostic (2024), panorama de la Parité, l’Egalité Homme-Femme au sein de l’emploi de l’ESS en CVL (2023), baromètre 2024 de l’égalité femmes-hommes dans les instances de gouvernance de l’ESS en Centre-Val de Loire (2025)
…), permettant d’évaluer les évolutions et le chemin à parcourir pour le prochain plan stratégique.

Témoignage d’une association : La Ligue de l’Enseignement CVL
3 piliers fondent l’action de la Ligue de l’Enseignement : la laïcité, son grand combat ; l’éducation, sa grande cause ; et la démocratie, son idéal. La Ligue CVL est composée de 1687 associations et près de 63000 adhérents. 27 salariés composent son équipe, dont Lucie Boucher, chargée de coordination Erasmus+ :
La Ligue de l’Enseignement CVL possède l’accréditation Erasmus+ qui permet de pouvoir organiser deux types de mobilité essentiellement sur le territoire européen :
les échanges de jeunes et les échanges d’acteurs jeunesse. Dans les deux cas, il s’agit de renforcer le sentiment d’appartenance à l’Europe et d’investir des espaces de réflexion en lien avec les priorités européennes : inclusion et diversité, engagement citoyen, environnement et transition numérique. Les jeunes, notamment les plus éloignés des projets de mobilité, rencontrent d’autres jeunes dans un pays européen. Ces projets visent le développement des aptitudes des jeunes, le dialogue interculturel et l’éradication des préjugés et stéréotypes. Les jeunes sont à l’initiative du projet, ils le construisent et contribuent par différentes actions de leur choix à son financement. Les mobilités d’acteurs jeunesse visent, quant à eux, à répondre aux besoins des professionnels au service des jeunes (études, échanges de pratique, renforcement des capacités). Tous les salariés et bénévoles de la Ligue de l’Enseignement peuvent y prétendre. Dans les deux cas, ces mobilités peuvent rassembler jusqu’à 50-60 personnes. Quatre sont programmées pour l’année 2026 en lien avec l’Espagne, l’Italie la Belgique et la Croatie. Nous en visons six pour 2027, avec un projet par fédération départementale.
[…] « Si elle évolue avant tout au niveau local, sur la base d’un partenariat entre la société civile et les secteurs public et privé, elle a pour ambition de changer d’échelle pour devenir la norme de l’économie de demain. »

Témoignage d’une mutuelle : La MGEN
MGEN, première mutuelle des agents du service publique (et historiquement de l’Education Nationale), s’engage via la coopération internationale et fait de ses engagements sociétaux des sujets portés en France et à l’international. Dans un monde traversé par des tensions politiques, des reculs sur les Droits des femmes, des attaques contre les minorités, des remises en cause de l’accès aux soins, les mutuelles, en tant qu’actrices du mouvement social, ont un rôle à jouer et porte une responsabilité parce qu’elles portent une vision solidaire de la santé et de la protection sociale, parce qu’elles sont des actrices du mouvement social, parce qu’elles bénéficient d’une histoire et d’une expertise.
Les enjeux de santé, d’égalité, de protection et de justice sociale sont universels. On ne peut isoler le contexte national de l’international, nos opinions, nos politiques nos idées sont nécessairement influencées ou impactées par le contexte international.» Clotilde Truffaut, Déléguée nationale MGEN à la coopération internationale.
La santé des personnels éducatifs est un déterminant direct de la qualité de l’éducation et de la réussite des élèves. Depuis 2009, MGEN est partenaire de l’Internationale de l’Éducation (IE), fédération syndicale mondiale qui rassemble 375 organisations dans 180 pays et représente plus de 33 millions d’enseignant·e·s et personnels de soutien à l’éducation. Ce partenariat stratégique vient d’être renouvelé pour la période 2025-2029, avec deux temps forts récents :

Témoignage d’une banque coopérative : Le Crédit Coopératif
En tant que banque coopérative, le Crédit Coopératif appartient au champ de l’ESS au même titre que les associations, les mutuelles ou les fondations : 100% de son capital est détenu par ses clients sociétaires et chacun d’entre eux dispose d’une voix — et d’une seule — dans les décisions de la banque. La banque ne dépend donc pas de la stratégie de quelques actionnaires et les résultats sont réinvestis au service du projet collectif.
Frédérique Calvès, Responsable Finance Engagée, nous explique que cette banque très ancienne est née à la fin du 19ème siècle pour permettre aux petites coopératives ouvrières d’accéder au crédit. Le Crédit Coopératif s’ouvre ensuite à de nouvelles clientèles : le secteur social, les associations, les fondations et l’ensemble de l’économie sociale et solidaire La banque compte parmi ses clients sociétaires des acteurs historiques importants de la SI.
Le Crédit Coopératif a d’ailleurs créé en 1983, avec le CCFD Terre Solidaire, le premier produit de partage en Europe : le fonds Faim et Développement.
Il propose aujourd’hui une large gamme de produits solidaires bancaires dont une carte et des livrets de partage. Concrètement, le Crédit Coopératif permet à ses clients particuliers de faire œuvre de générosité en partageant les intérêts de leur livret ou en réalisant un micro don à chaque utilisation de leur carte au profit d’une association de leur choix, partenaire de la banque. Le Crédit Coopératif réalise également un don à chaque carte souscrite, sachant que toutes les cartes bancaires destinées aux particuliers sont des cartes solidaires.
Les petits ruisseaux font de très grandes rivières : en 2025, plus de 6 millions d’euros ont pu être redistribués grâce aux produits solidaires du Crédit Coopératif, dont le tiers pour des associations de solidarité internationale.
Nous nous sommes sentis forts : 4000 personnes étaient attendues… près de 11000 étaient au rendez-vous, issus de 109 pays ! Autant de participants curieux et convaincus d’une économie qui se définit par sa puissance de transformation sociale, sa capacité de dialogue entre les nations et de paix avec l’ensemble du vivant.
Nous nous sommes sentis humbles, admiratifs et nourris des expériences partagées tout au long des stands, conférences, tables rondes et échanges. Du Maroc au Mexique en passant par la Corée, le Canada et le Sénégal, l’ESS prend des formes différentes – et inspirantes – en fonction des cultures, de l’histoire des pays et des véhicules législatifs.
Nous nous sommes sentis légitimes : force est de constater que l’ESS ne se limite pas à réparer les désordres du monde. « Si elle évolue avant tout au niveau local, sur la base d’un partenariat entre la société civile et les secteurs public et privé, elle a pour ambition de changer d’échelle pour devenir la norme de l’économie de demain. » (Le Réseau GSEF)
Nous nous sommes sentis déterminés, encouragés à interpeler nos « dirigeants à agir de manière responsable, à créer les conditions propices à la paix et à s’engager de toute urgence dans une transition vers un modèle économique résilient, équitable, redistributif et démocratique, dont l’économie sociale et solidaire peut être le fondement. » (La Déclaration pour une paix durable)
Plus spécifiquement, nous retenons ce message : pas d’avenir pour l’ESS sans les jeunes ! Ils nous l’ont rappelé avec force : « Nous appelons les gouvernements, les institutions, les collectivités et les acteurs de l’ESS à reconnaître pleinement la jeunesse comme une force de transformation, capable de privilégier la coopération et la solidarité pour relever les grands défis sociaux, économiques et environnementaux de notre temps. » (La Déclaration Internationale de la jeunesse pour l’ESS)
CENTRAIDER est un réseau régional multi-acteurs, au service de toutes les structures engagées dans des projets de coopération décentralisée et/ou de solidarité internationale (collectivités territoriales, associations, établissements scolaires, hôpitaux, universités, etc.). CENTRAIDER s’est fixé pour objectif l’amélioration des pratiques des acteurs de la coopération et la solidarité internationale.
Siège social
Pôle Chartrain • 140, Faubourg Chartrain, 41100 Vendôme
Tél : 02 54 80 23 09
Fermé le 13/07 et du 7/08 au 21/08
Bureaux
Le 360 • 78 rue des Halles, 37000 Tours
Tél : 06 42 59 76 32
Fermée du 10/07 au 17/07, du 3/08 au 14/08 puis du 20/08 au 26/08
CIJ • 48 rue du Bourdon Blanc, 45000 Orléans
Tél : 02 38 15 66 59
Fermée du 13/07 au 24/07 et du 3/08 au 7/08
Espace Tivoli • 3 rue du Moulon, 18000 Bourges
Fermée du 13/07 au 31/07 et du 17/08 au 28/08



