Publié le 23/06/2026

Un article issue de la revue n°58 “Du local au global, acteurs et enjeux de l’ESS”
Photo : Association Kouroukan-Fouga
Un article de Saran Javoy, Présidente de l’association Kouroukan-Fouga
L’association Kouroukan-Fouga a été créée en mars 2022 dans le but de promouvoir l’intégration et l’insertion socio-culturelle de la nouvelle génération malienne et plus largement des personnes originaires d’Afrique de l’Ouest en France. Elle regroupe aujourd’hui une dizaine de bénévoles qui partagent les mêmes idées, les mêmes valeurs et souhaitent notamment valoriser la charte de Kouroukan-Fouga et favoriser le vivre-ensemble.
Nous menons beaucoup de projets sur le territoire régional. Dans un premier temps, le festival Kouroukan Fouga (en octobre 2025 à Olivet, ndlr) a permis à l’association d’être connue. C’est le festival des cultures africaines et du vivre-ensemble. Ce projet comprend aussi des actions éducatives et sportives avec les jeunes qui se réalisent avant, pendant et après le festival dans une démarche d’ECSI. Le but était de sensibiliser les jeunes aux enjeux interculturels et aux valeurs de la solidarité. L’association participe aussi au Festisol à Orléans au travers d’actions telles que des forums, tables rondes, ateliers sur la thématique de l’eau, projections de films… Enfin, l’association mène des actions de cohésion sociale, rencontres et partage avec principalement des jeunes et des femmes.
Le but de l’association est de créer un lien social, un dialogue. Sensibiliser localement c’est aussi faire connaitre les enjeux que nous retrouvons au niveau international notamment autour des problématiques liées à l’eau ou à l’environnement. L’enjeu est aussi d’impliquer les jeunes et de les accompagner à s’intégrer socialement et professionnellement. L’idée de l’association est de coopérer, de se respecter et de s’accepter, quelle que soit notre culture.
L’association mène actuellement deux projets en Guinée Conakry : la création d’activités génératrices de revenus dans le domaine maraicher pour les femmes de Koundara et la réalisation de forages à Kouroussa. Ces projets sont menés respectivement en partenariat avec l’ONG OPEESC et l’ONG Les Transformateurs. L’association avait aussi un projet vers le Mali pour clôturer l’école et réaliser un forage dans le village de Kossa, mais nous sommes toujours à la recherche de partenaires, notamment financiers. Récemment l’association a participé, dans le village de Niani en Guinée, à un forum sur le vivre-ensemble et sur Soundjata Keïta, l’initiateur de la charte de Kouroukan Fouga.
Les actions menées en Afrique inspirent les actions ici, le partage d’expériences auprès du public local. Elles contribuent à renforcer le dialogue interculturel et l’ouverture au monde. Pour aller plus loin, l’objectif serait d’emmener un groupe de jeunes découvrir les projets menés sur le terrain en Guinée.
Nous souhaitons déjà rester fidèles à nos partenaires actuels et qu’ils soient toujours impliqués dans les actions de l’association, même si ce n’est pas évident. Des partenariats techniques pourraient être développés sur des questions de forage, construction dans des projets de terrain à l’international. Pour les actions menées ici, nous souhaitons maintenir et développer des partenariats notamment avec Centraider, qui nous accompagne et nous donne de la visibilité. Il y a aussi le partenariat avec la Fondation des Apprentis d’Auteuil qui fait appel à nous lorsqu’elle organise sa journée sur l’interculturalité sur son site du Château des Vaux (Eure-et-Loir) qui accueille plusieurs établissements sociaux, de formation et d’enseignement. C’est un partenariat que nous souhaitons développer à long terme car nous défendons des valeurs communes, l’importance de la diversité culturelle et l’accompagnement des jeunes. Le lien avec la Mairie de Saint-Jean de Blanc serait aussi à renforcer.
Le COSIM apporte à l’association un appui et un accompagnement dans nos projets, la mise en réseau avec d’autres acteurs, la visibilité et la reconnaissance institutionnelle ainsi que l’accès à des formations et dispositifs notamment via le FORIM. A l’inverse, l’association Kouroukan Fouga s’engage dans les actions du COSIM. Elle apporte ses relations, ses connaissances et expériences interculturelles. Nous mobilisons aussi les publics jeunes issus de la diaspora aux événements du COSIM. C’est un partenariat gagnant-gagnant basé sur la complémentarité.
La force que nous avons est de compter sur des bénévoles engagés qui ont confiance en elles. En étant en France nous connaissons une double réalité : ici et là-bas. Nous savons d’où nous venons et où nous sommes, même si nous ne savons pas toujours où l’on va. Notre force est aussi d’échanger entre nous, de connaitre la réalité du terrain et d’avoir la volonté d’aider et de construire. C’est une mission de cœur.
L’association envisage l’avenir avec beaucoup d’ambition et d’engagement. Nous voulons renforcer les actions locales et internationales pour toucher plus de jeunes et de communautés. Nous voulons aussi développer des partenariats solides avec des associations, des institutions et des entreprises. Nous souhaitons continuer à promouvoir notre culture, le vivre-ensemble et à assurer la durabilité des projets. Nous voulons continuer à grandir tout en restant fidèles à nos valeurs.
Pour un projet international, nous aimerions faire partir un groupe de jeunes en Guinée. Le projet permettrait aux jeunes guinéens de se rendre compte qu’ils peuvent avoir des choses dans leur pays et qu’ils ne sont pas obligés de prendre la route pour venir en Europe. Parallèlement, les jeunes français pourront découvrir une autre réalité, avoir une autre vision sur l’Afrique et, à leur retour, faire évoluer les mentalités et les comportements.
Nous aimerions aussi développer des actions à destination du Mali, trouver des partenaires qui nous soutiennent, mais la situation géopolitique est très compliquée.
L’association continuera d’organiser le Festival Kouroukan Fouga pour favoriser le vivre-ensemble, le partage d’expérience et valoriser la jeunesse. La 4ème édition aura lieu à Saint-Jean le Blanc à l’automne 2027.
Au début du XIIIe siècle, la « Charte du Mandén nouveau », (territoire situé dans le haut bassin du fleuve Niger, entre la Guinée et le Mali actuels) a été proclamée à Kouroukan Fouga. La Charte, qui est l’une des plus anciennes constitutions au monde même si elle n’existe que sous forme orale, prône notamment la paix sociale dans la diversité, l’inviolabilité de la personne humaine, l’éducation, la sécurité alimentaire, la liberté d’expression et d’entreprise… Aujourd’hui, les paroles de la Charte et les rites associés continuent d’être transmis oralement et au travers des cérémonies commémoratives annuelles.
1 Collectif des Organisations de solidarité internationale issue des migrations
2 Organisation de solidarité internationale issue des migrations
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