Centraider Coopération et solidarité internationale en région Centre

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L'appui aux producteurs agricoles dans les pays du Sud

Le Salon international de l'agriculture vient de s'achever. Dans le monde, l'agriculture emploie 40% de la population active ; elle revêt des enjeux considérables, particulièrement dans les pays en voie de développement où elle constitue le noyau de l'économie.

 

Quelques chiffres sur l’agriculture [1]

1er employeur dans le monde avec

40% de la population active



1/3 du PIB mondial
 


70% de la consommation globale d’eau



Pour nourrir 9 milliards de personnes d’ici 2050,
la production alimentaire mondiale devrait augmenter de 70%

 

885.000 exploitants en France

 



11,5 milliards de litres
de pétrole utilisés par jour
 

La France est le 3ème utilisateur de pesticides
après les États-Unis et le Brésil

 



150 structures en région Centre-Val de Loire
mènent des projets de coopération
et de solidarité internationale autour de l’agriculture.


 

De nombreux défis


Ces quelques chiffres mentionnés parlent déjà d’eux-mêmes. Parmi ses nombreux défis, l’agriculture devra répondre à la sécurité alimentaire d’une population en croissance constante et à ses exigences accrues de qualité, à la réduction de la pauvreté d’un secteur économique prédominant, à la dégradation des ressources naturelles en eau, en terre et en air, au changement climatique, à la destruction des cultures vivrières au profit des cultures d’exportation, à l’accaparement des terres, aux actes de violence que pourrait générer la flambée des denrées et leur rareté, au gaspillage, à l’abandon des zones rurales et l’urbanisation de masse, à l’augmentation de la consommation de la viande…

Aujourd’hui, près de deux tiers des travailleurs pauvres dans le monde dépendent de l’agriculture pour vivre. L’accompagnement et le renforcement des capacités d’organisation des producteurs agricoles se traduisent par une multitude de projets, dans lesquels environ 150 structures en région Centre-Val de Loire sont impliquées. Associations, collectivités territoriales, établissements scolaires et universitaires s’engagent sur des projets qui soutiennent l’agriculture et le développement rural, réfléchissent à ces questions et tentent d’apporter des réponses concrètes :

  • Appui technique et économique à la production et à la commercialisation : création de coopératives, formation, diversification des revenus agricoles, récupération des eaux de pluie, promotion de circuits agro-alimentaires locaux compétitifs et rémunérateurs, valorisation des déchets biodégradables, valorisation des plantes aromatiques et médicinales, etc.
  • Construction d’infrastructures : bâtiments, routes, fourniture d’eau et d’électricité, télécommunications, etc.
  • Création et sauvegarde d’emplois, y compris pour les femmes et les jeunes
  • Mise en place d’espaces de réseaux et d’échanges entre pairs
  • Accompagnement de la gouvernance et de la vie associative : renforcement des capacités organisationnelles et stratégiques, gestion des ressources humaines et financières, renforcement des capacités managériales des équipes techniques et des administrateurs, etc.
  • Évaluation des programmes
  • Etc.

 

 


FORMATION
« Accompagner une organisation de producteurs
à bien bâtir son projet agricole »

 

Mercredi 18 Avril à Blois
 

Formation basée sur le témoignage des expériences de partenariats au Mali et en Côte d’Ivoire avec des organisations de producteurs. À partir de ces expériences concrètes, les participants aborderont les différentes étapes du cycle de vie d’un projet avec une organisation agricole. Des études de cas leur permettront d’utiliser et tester quelques outils utiles pour la bonne construction d’un projet agricole.

Intervenants : Alain Gaimon, Jean-Marc Lemaire et Pierre Du Buit (Afdi)

Renseignements et inscriptions  sur contact@centraider.org / 02.54.80.23.09
 



 

L’action d’Afdi Centre-Val de Loire (Côte d’Ivoire, Mali)


Propos recueillis auprès de Pierre DU BUIT, chargé de mission et animateur Afdi Centre-Val de Loire.

Afdi construit des partenariats entre les mondes agricoles français et ceux des pays en développement. Ancrée dans le territoire français, Afdi est composée de professionnels de l’agriculture (agriculteurs, techniciens, cadres), la plupart membres d’organisations paysannes françaises. Ces femmes et ces hommes engagés dans la coopération internationale s’appuient sur leurs expériences syndicales, économiques et sociales pour qu’Afdi poursuive ses trois objectifs : l’engagement en faveur des agricultures familiales, l’accompagnement d’organisations paysannes des pays en développement et la sensibilisation du secteur agricole et rural français à l’agriculture mondiale et la solidarité internationale. Les moyens privilégiés par Afdi sont les échanges professionnels entre pairs et le partage de savoir-faire, qui favorisent l’autonomie des paysans, métier le plus touché par la pauvreté à l’échelle mondiale.

Le réseau Afdi soutient près de 60 organisations de producteurs dans 17 pays en développement partenaires soit 800.000 exploitations familiales bénéficiaires directes des actions d’Afdi. En région Centre-Val de Loire, Afdi est partenaire de 5 organisations de producteurs de Côte d’Ivoire, de Madagascar et du Mali. 

 

 

Focus expériences en Côte d’Ivoire

Depuis 2014, Afdi Indre est en partenariat avec la coopérative Zone Savanes de Bouaflé dans l’objectif de relancer la vie associative de la coopérative et d’appuyer la structuration de la filière maïs. La relance de la coopérative se fait par l’appui à plusieurs activités : amélioration des conditions de stockage et la commercialisation collective, mise en place d’une fabrique locale d’aliments de volaille, création d’un groupe de jeunes dans le conseil d’administration, appui à la fabrication de semences locales de maïs, formation des jeunes et du conseil d’administration à la vie coopérative. Les producteurs de la coopérative et Afdi voient l’avenir de l’organisation à travers les jeunes agriculteurs ivoiriens. Pour cela, le groupe de jeunes est formé à la vie et  aux fonctionnements d’une coopérative et doit prendre part dès à présent aux activités de celles-ci.

En savoir plus sur le programme Côte d’Ivoire





 

Focus expériences au Mali

Depuis plus de 5 ans, Afdi Loiret est en partenariat avec l’Association des Organisations Professionnelle Paysannes (AOPP-Mopti) qui compte aujourd’hui 16.500 membres dans 21 OP réparties dans 5 communes. L’action menée par Afdi 45 porte sur 2 volets :

  • Le renforcement des capacités organisationnelles de l’AOPP par le renforcement des capacités du coordinateur et du comptable et par l’appui à la vie associative (fonctionnement des instances, services aux membres…).
  • L’appui aux groupements villageois qui cherchent à augmenter leur autosuffisance alimentaire, grâce à l’amélioration et la durabilité de leurs pratiques maraîchères  notamment par la gestion rationnelle de l’eau. Pour cela, un réseau de 20 paysans relais est formé localement aux techniques de maraîchage, de transformation et à l’animation de groupe et diffuse ainsi leurs compétences à ses OP de base. Un autre groupe de paysans est formé à la production locale de semences d’oignon.

En savoir plus sur le programme Mali


 

Le Réseau international FAR

 



Le Réseau international FAR est né en 2006 à Ouagadougou de l’initiative d’un groupe de professionnels de la formation agricole et rurale (FAR) issus de différents pays du continent africain. Désireux de créer de l’emploi rural et de promouvoir une agriculture rémunératrice et durable, les acteurs du Réseau FAR se sont fixés comme principale mission de mutualiser leurs expériences et leurs expertises afin de rénover la formation agricole et rurale. Pour accompagner cette dynamique, promouvoir les échanges entre praticiens et enrichir l’expertise Sud-Sud dans le processus de rénovation de leurs dispositifs de formation et d’insertion agricole, le Réseau fait appel régulièrement à des personnes ressources externes de la formation agricole et rurale.

 

Aujourd’hui, le Réseau international FAR regroupe 16 pays membres et plus de 1 400 individus au Nord et au Sud. Il s’engage à différentes échelles dans :

  • la mobilisation d’une expertise adaptée pour la rénovation des dispositifs de formation agricole et rurale ;
  • le partage d’expériences et de connaissances en matière de formation agricole et rurale ;
  • le renforcement des capacités des cadres des ministères et des formateurs de l’enseignement agricole et rural ;
  • la promotion d’une formation agricole et rurale orientée vers le projet professionnel des jeunes et davantage ancrée dans le territoire.

 

Le Réseau international FAR travaille autour de quatre grandes thématiques d’action :
 

1. Appuyer les pays membres dans la rénovation de la formation agricole et rurale

La plus grande force du Réseau FAR réside dans l’expertise internationale qu’il est capable de mobiliser parmi ses membres et partenaires afin d’appuyer les pays pour mettre en place et/ou rénover leurs dispositifs de formation agricole et rurale. Les pays membres qui souhaitent s’engager dans la refonte de leurs dispositifs de formation peuvent ainsi solliciter l’appui et l’expertise avérée de personnes-ressources du réseau.

Depuis plus de dix ans d’existence, le Réseau FAR accompagne la rénovation des dispositifs publics et privés de formation technique et professionnelle au Cameroun, au Sénégal, à Madagascar, au Burkina Faso et plus récemment au Togo, en Guinée, au Niger et au Mali. Il a aussi initié et appuyé la création de plusieurs plateformes nationales dans ses pays membres, ayant abouti à la formation de réseaux nationaux : FARCI  en Côte d’Ivoire, FARMADA à Madagascar, FARGUI en Guinée, FARSEN au Sénégal, SAFARI au Togo,  RNFAR BF au Burkina Faso, etc.

 

2. Renforcer l’expertise Sud

Le Réseau international FAR s’est aussi donné comme mission de renforcer les compétences de ses acteurs, pour développer un pool d’expertise nationale et internationale dans une logique Sud-Sud.

Il organise régulièrement des ateliers de renforcement de capacités de ses membres sur les problématiques de la formation agricole et rurale. En juillet 2016 par exemple, le réseau a organisé à Larache au Maroc un atelier de renforcement de capacités autour de l’Ingénierie de la formation. Celui-ci a regroupé au total 20 participants issus des différents pays membres avec pour objectifs de :

  • Co-construire une vision partagée de l’Ingénierie de Formation ;
  • Partager des outils et des méthodes ;
  • Renforcer la cohésion du groupe autour de valeurs communes ainsi que sa capacité à travailler en réseau.

En plus de s’outiller et de se former à l’Ingénierie de Formation, les participants de cet atelier ont partagé leurs expériences nationales de la rénovation des dispositifs de FAR et ont formulé la volonté de réaliser un Master international Sud en Ingénierie de Formation (en cours).




Atelier de renforcement de capacités en Ingénierie de Formation à Larache au Maroc en Juillet 2016 – Crédit photos : Réseau international FAR
 

Le Réseau finance aussi et encadre des bourses d’étude et de stage à des membres souhaitant suivre une formation continue au sein d’un cursus ingénieur ou Master. Depuis sa création, il  a octroyé une dizaine de bourses d’études et accompagné une quinzaine de stagiaires. Leurs productions, valorisées sur le site internet du réseau (www.reseau-far.com),  constituent des ressources utiles pour les autres membres du réseau. A ce propos, quelques exemples de sujets de stage encadrés par le réseau FAR :

Alice Martin (France), L’élaboration du projet de centre de formation agricole. Vers un ancrage territorial du centre et d’une pérennisation de ses activités. 

 

Lova Rakotoson (Madagascar), Fonctionnaire au Ministère de la Formation.

La formation de masse des jeunes ruraux à Madagascar : éléments de réflexion pour la définition du concept à travers l’étude des régions, Alnalmanga, Atsininini et Itasy.

 

Jacques Ayité (Togo), Fonctionnaire du MAHE Togo.

Formation et installation AFOP au Cameroun. Où en sont les Jeunes et leur exploitation agricole ? 3 zones d’étude Sangméllima, Bouam, Bafoussam.

 

Daouda Camara (Guinée), Fonctionnaire au Ministère de la Formation technique et professionnelle.

Diagnostic pour un projet d’établissement  pour les ENAE de Koba, Tolo, Bordo et Macenta.

 

Le Réseau FAR construit actuellement un Master International en Ingénierie de Formation adapté à la formation agricole et rurale au Sud, ouvert à des ingénieurs, directeurs de centre, chefs de projet et formateurs.

 

3. Produire des connaissances utiles pour les professionnels

La production de nouvelles connaissances sur la formation agricole et rurale et le renforcement de l’expertise des acteurs constituent des domaines de compétences du Réseau FAR. Les experts internationaux, acteurs de la recherche et partenaires scientifiques qui en sont membres sont donc régulièrement sollicités pour investir différents champs de connaissances (évolution des dispositifs de FAR, analyse des besoins du marché de l’emploi, référentiels de métiers, nouvelles méthodologies de formation, gestion et financement de la formation, etc.).

Le réseau organise des Séminaires internationaux et Conférences qui connaissent un vif succès et rassemblent de nombreux participants du Sud et du Nord. Ces dix dernières années, le Réseau FAR a organisé une vingtaine de rencontres internationales  (Bénin, Cameroun, Madagascar, Mali, Maroc, Sénégal, Togo, Burkina Faso, Italie, France) autour de thématiques clés pour la FAR. Il fait aussi très régulièrement appel à ses membres et à des experts externes afin de produire des diagnostics, études et guides méthodologiques à visée opérationnelle sur des thématiques clés telles que l’insertion des jeunes en agriculture, la formation des producteurs, le processus de rénovation d’un dispositif de formation, l’ancrage territorial des dispositifs de formation, etc. Il met aussi à disposition une bibliothèque virtuelle en accès libre sur le site internet du réseau www.reseau-far.com

 

4. Communiquer en faveur de la FAR

En 10 ans d’existence, le Réseau FAR a développé une stratégie de communication dynamique et proactive. Il assure la visibilité du Réseau à l’international en diffusant des connaissances et de l’information. La notoriété du réseau lui permet désormais d‘être une force de proposition auprès des décideurs engagés dans l’élaboration des politiques de formation agricole et rurale.

 


[1] Sources : FAO, Banque mondiale, Mouvement Colibris, Centraider.

Mis à jour le 6 mars 2018
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