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Accords de partenariat économique avec l'Afrique : "A qui profitent-ils ?"

Accords de partenariat économique avec l'Afrique : "A qui profitent-ils ?"

Après treize ans de négociations, l'UE a conclu des Accords de Partenariat Économique (APE) avec trois régions d'Afrique Subsaharienne. Cependant, le contenu des accords, comme la manière dont ils été conclus, suscite de nombreuses critiques, sur les deux continents. Ces APE négociés avec 44 pays des trois régions africaines sont-ils vraiment cohérents avec le développement des pays signataires ?

Jusqu’à présent et en vertu des accords de Lomé puis de Cotonou, les pays des zones Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP) peuvent exporter sans droits de douane vers l’Union Européenne, tout en maintenant des taxes d’importation pour les marchandises européennes.  C’est pour mettre fin à ce traitement « : de faveur », jugé préférentiel selon les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) que l’UE a lancé « des négociations » de plusieurs APE avec 3 régions africaines.

En fait, il s’agit d’un accord libre-échange obligeant les Etats africains signataires à supprimer leurs droits de douanes sur près de 80 % de leurs importations européennes, d’ici 2035.

 

Pour entrer en vigueur, l’APE doit être signé par chaque pays de la région, or certains s’y opposent, tandis que d’autres voudraient accélérer le processus, les enjeux n’étant pas les mêmes pour tous. Prenons le cas  de l’Afrique de l’Ouest, si l’APE n’est pas signé, les pays qui sont dans la catégorie des PMA (pays moins avancés) pourraient toujours exporter à droits nuls vers l’Europe, grâce à l’initiative Tout Sauf les Armes (TSA) permettant un accès sans droits de douane pour toutes les marchandises, sauf les armes et munitions. Mais les pays considérés comme «  en développement » (PED), que sont le Ghana, la Cote d’ivoire et le Nigéria pour l’Afrique de l’Ouest seront rattachés à un régime différent et devraient payer des droits à partir de son entrée en vigueur.

Source : Jacques Berthelot,  « Accords de partenariats économique : «  Le jeu des multinationales », septembre 2016

 

 

Guinée-Conakry : Les pommes de terre ont la frite !
 

Jusqu’en 1990, les Guinéens consommaient des pommes de terre importées principalement des Pays-Bas. La production locale, faible (moins de 200 tonnes), chère et de médiocre qualité ne pouvait faire face à la concurrence. La Fédération des paysans du Fouta Djalon (FPFD) considérait pourtant que cette filière pouvait se développer. À partir de 1992, suite à une forte mobilisation, elle obtient du gouvernement le blocage des importations durant 5 mois par an, correspondant à la période de commercialisation de la pomme de terre locale. Parallèlement, avec l’appui des autorités guinéennes ainsi que de partenaires étrangers, la FPFD a mené un important programme d’appui aux paysans afin d’améliorer la qualité et la productivité : approvisionnement en semences et en engrais, crédit, formation, etc. Résultat : en 1998 la production locale est devenue compétitive et les importations quasi-nulles. L’interdiction d’importation a été levée sans que cela n’empêche la filière de continuer à se développer au point de devenir exportatrice vers les pays voisins. En 2013, la production atteignait 35 000 tonnes, dont 25 000 étaient exportées. Cet exemple, de même que celui des filières avicole au Cameroun, de l’oignon au Sénégal ou du lait au Kenya, montre que la protection des marchés accompagnée d’une politique agricole peut contribuer au développement. C’est d’ailleurs ce qu’a fait l’UE en adoptant, dès 1962, une politique agricole commune (PAC).

Source : Fédération des paysans du Fouta Djalon (Guinée Conakry)

 

 

Vous souhaitez en savoir davantage sur l’état actuel des négociations et l’impact sur les populations locales de ces accords de partenariats ?

Centraider vous invite ce 27 avril à 20 H au CNP Cinémas Studio de Tours  à visionner  le film "Afrique en danger" de Maurice Oudet.  La séance  co-organisée par l’association ATTAC, le Réseau Afrique 37 et le RESF sera animée par Sebastien Chailleux de l’association Peuples solidaires. 

Mis à jour le 10 juillet 2017
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