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Fiche technique n°2 - De l'idée au projet. Les bonnes pratiques dans la solidarité internationale

Fiche technique n°2 - De l'idée au projet. Les bonnes pratiques dans la solidarité internationale

Qu'est-ce qu'un projet de solidarité internationale ? Comment passer de l'envie d'aider à l'action solidaire ? Cette fiche vous aidera à concevoir un véritable projet.

La solidarité internationale, qu’est-ce que c'est ? La « solidarité internationale » s'applique à ceux qui sont au-delà de « chez nous », là-bas, au-delà de nos frontières. C'est un partage de peuple à peuple, de société à société. (source RITIMO)

Qu’entend-on par projet de solidarité internationale ?Un projet est un ensemble d’activités visant à atteindre, dans des délais fixés et avec des moyens donnés (financiers, humains et techniques), des objectifs clairement définis.
On distingue différentes formes de projet dans la solidarité internationale. Les logiques d’intervention ne sont pas les mêmes en fonction des projets. 

  • Les programmes d’urgence renvoient à l’humanitaire et tâchent de répondre au plus vite aux besoins fondamentaux des populations suite à un intense bouleversement.
  • Les projets caritatifs s’inscrivent dans une logique d’assistanat et de dons.
  • Les projets de développement, quant à eux, visent l’amélioration des conditions de vie d’une communauté sur les plans économique, social, culturel ou politique. C’est la forme la plus aboutie des projets de solidarité internationale. L’objectif final recherché est l’autonomie des bénéficiaires  sur le long terme.

  

  

Cette conception du projet est une pratique occidentale. Il faut avoir à l’esprit que le raisonnement peut être très différent dans les pays du Sud, ce qui peut poser des difficultés de compréhension entre partenaires.
Quelques pistes avant de démarrer votre projet

Construire un partenariat de confiance
Pourquoi développer un partenariat ? Ce concept remet en question la logique d’assistanat. Les engagements des organismes du Nord et du Sud ont considérablement évolué ces dernières années. Les institutions du Sud sont les décideurs et les acteurs du projet. Au Nord, votre rôle est d’accompagner, d’impulser des dynamiques. Cette notion de partenariat conduit à repenser la coopération non plus comme un simple don ou une aide mais bien comme un réel échange réciproque. Les apports de chacun sont bien évidemment asymétriques et les deux partenaires n’ont pas les mêmes bénéfices à tirer.
Les porteurs de projet au Nord ont parfois des difficultés à identifier ce que leur apporte leur partenaire au Sud. Interrogez vos attentes. Les pays du Sud foisonnent d’initiatives dont nous pouvons nous inspirer. Le concept de démocratie participative (conseils des sages en Afrique), le rôle social majeur des personnes âgées, les techniques d’assainissement durables n’en sont que des exemples.


Votre objectif : l’autonomie des populations
L’assistance aux populations (par des dons principalement) est une solution provisoire qui renvoie à des projets humanitaires et aux programmes d’urgence. Ces initiatives n’agissent pas sur les causes de la pauvreté. Les effets pervers de cette démarche sont nombreux : la dépendance des bénéficiaires vis-à-vis du donateur, l’économie locale est court-circuitée puisque les produits ne sont pas achetés sur place… Il faut toujours se poser la question suivante : la population est-elle dépendante de mes actions ? Si demain, le projet s’arrête, les actions menées jusqu’alors seront-elles pérennes ?  
Votre projet vient en complément aux efforts des populations. Vous devez respecter le mode de fonctionnement de votre partenaire en utilisant les ressources humaines et matérielles locales. Ne limitez pas votre soutien à de l’apport financier ou matériel. Vous passeriez à côté de tous les bénéfices de votre projet !
 

Définir précisément les bénéficiaires
L’idée de monter un projet peut naître de différentes façons. L’idéal est qu’elle soit à l’initiative des bénéficiaires. Vous ne pouvez toutefois pas vous adresser à tout un village entier. Prenez le temps, en fonction de vos compétences, de définir le segment de la population à qui le projet va bénéficier. Il vous faut être très clair. Distinguer dans un premier temps les bénéficiaires directs : qui sont les destinataires premiers de l’action ? Ils doivent être impliqués dans le projet dès sa conception afin de s’assurer de leur adhésion. De même, qui bénéficie du projet de façon secondaire ? Identifier les bénéficiaires indirects peut s’avérer être un atout pour la réussite de l’action.
Classez les bénéficiaires par groupe d’intérêt ou de profils communs pour éviter les blocages et atteindre vos objectifs spécifiques. 


Partagez vos expériences, travaillez en réseau !
Il n’y a pas de solution toute faite en matière de gestion de projet de solidarité internationale. Il est important de rencontrer d’autres acteurs pour bénéficier de leurs expériences et améliorer vos propres pratiques. Ceci vous permettra d’éviter de reproduire certaines erreurs et d’avoir un regard extérieur sur votre projet. C’est dans cette logique que le réseau Centraider a vu le jour en 2000 pour permettre aux acteurs de la solidarité internationale en région Centre de mutualiser les moyens, partager leurs connaissances et travailler en commun.
 

Travailler en réseau, pourquoi faire ?

Deux associations françaises travaillent au Burkina Faso à quelques kilomètres l’une de l’autre mais sans contact entre elles. Chacune s’est investit dans la construction de pompes hydrauliques solaires en milieu rural. Une des associations a sollicité son partenaire burkinabé pour qu’il mette à disposition de la main d’œuvre local. Cette requête lui a été refusé sous prétexte que la seconde association avait assumé l’intégralité des coûts du projet. (Le guide pratique de montage de projets – GRET Mauritanie)
 

Formez-vous
Un projet de solidarité internationale doit suivre une méthodologie stricte. Etre en capacité de faire un diagnostic, planifier des activités, rechercher des financements, suivre, piloter et évaluer les actions mises en place relève d’un vrai professionnalisme. Les financeurs sont à l’heure actuelle de plus en plus exigeants pour attribuer des financements. Vous devez être rigoureux dans la gestion de votre projet.
Il existe de nombreux organismes qui proposent des formations de qualité dans le domaine de la solidarité internationale :

N’hésitez pas à vous rapprochez de Centraider pour connaître les structures adaptées à vos attentes.
 

Pensez à associer les migrants
Les populations issues des migrations sont des personnes ressources incontournables. En vous rapprochant des migrants, vous pourrez bénéficier de leur connaissance du terrain, de la culture. Les chances de définir avec précision les besoins des populations locales seront plus fortes, sans oublier que l’implication de migrants dans votre projet permet bien souvent sa meilleure acceptation au vu des bénéficiaires.

Mis à jour le 22 septembre 2011
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